Recréer un orchestre symphonique![]() |
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Ce schéma (adapté du livre "The Guide
to MIDI Orchestration" de Paul Gilbreath) montre, à titre
indicatif, une disposition d'orchestre par 3 courante. J'y ai rajouté
les différentes échelles de graduation concernant le panning
que l'on trouve sur la plupart des sampleurs.
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Il va vous falloir ensuite opter pour le type d'orchestre que vous allez utiliser
c'est-à-dire par 2, par 3, par 4... Ce chiffre représente le nombre
de bois utilisés dans votre orchestre (2 flûtes / 2 hautbois /2
clarinettes / 2 bassons, ou 3 flûtes / 3 hautbois / 3 clarinettes etc…)
le reste de l'orchestre s'équilibrant par rapport aux bois. Les instruments
spéciaux comme le piccolo, le cor anglais, la clarinette basse, etc…
sont joués par le dernier de chaque famille. À titre d'exemple,
le Cor Anglais est donné au Hautbois II pour un orchestre par 2 ou au
Hautbois III pour un orchestre par 3 (utile pour le panning).
Il va donc vous falloir utiliser autant de sons différents que d'instruments constituant votre orchestre (2 flûtes différentes, 2 hautbois etc…) pour éviter un effet de phasing provoqué par le jeu de sons exactement identiques. Je vous conseille de n'utiliser que des sons mono pour tous les instruments seuls, vous y gagnerez de la clarté et de la précision (et de la mémoire dans les sampleurs !). Les banques de sons du commerce proposent souvent plusieurs instruments de la même catégorie. Attention, il y a un gros travail de ré-accordage à effectuer, l'utilisation d'un accordeur électronique peut vous aider, mais la vérification à l'oreille s'impose.
Il n'est pas une mauvaise idée de faire une patchlist de votre set au fur et à mesure que vous le constituez, cela vous permet par la suite d'envoyer des patchs changes aux sampleurs quand vous n'avez pas assez de canaux midi. Appréciable aussi car cela vous évite d'avoir à ouvrir 80 pistes dans le séquenceur, il y en a déjà suffisamment.
Après avoir choisi vos sons et formé vos différents groupes
il va falloir essayer de faire un travail sur l'expression, la dynamique en
particulier. J'ai expérimenté plusieurs méthodes, la première
constituait simplement à éditer la courbe de volume en fonction
de la nuance que je désirais produire, mais le problème était
que le timbre n'évoluait pas alors que dans la réalité
un violon jouant forte est plus brillant que lorsqu'il joue piano. Pour gagner
un peu de temps j'ai préparé mes sons en assignant la molette
de modulation de mon clavier maître au volume de chaque son, du fait,
je pouvais interpréter un peu plus facilement, mais rien de nouveau pour
le timbre. La solution est venue d'un filtre coupe haut lui aussi assigné
à la modulation. Du coup, en baissant la molette le volume diminue et
le son perd de sa brillance ce qui rend la nuance plus crédible. Ce système
fonctionne bien sur les sons tenus et permet, par exemple, des très beaux
crescendo/decrescendo pour les cuivres, il ne remplace quand même pas
le fait d'utiliser des sons prévus pour chaque nuance forte ou piano.
Pour les sons staccato j'utilise le même principe sauf que cette fois
j'assigne le volume et le filtre à la vélocité.
Un autre paramètre à éditer, c'est l'enveloppe. Créez
différents presets du même son, avec différentes attaques.
Attention par contre aux releases, n'oubliez jamais que quand un musicien coupe
le son de son instrument c'est presque toujours immédiat, il ne reste
que la résonance de la caisse si cet instrument en possède une
ou la sympathie des cordes si elles ne sont pas toutes étouffées
(pour les instruments à cordes évidemment). Préférez
un travail sur la réverbe. Là encore l'idée est de recréer
l'espace autour de l'orchestre, pour ce faire j'utilise une réverbe hall
unique, j'envoie tout le monde dedans et je cherche un équilibre entre
le son direct et le son réverbéré. J'essaye de me mettre
à la place des premiers rangs et de restituer les distances, les cordes
à quelques mètres de moi, puis les bois, les cuivres et les percussions
au fond. Seuls les cors disposent d'une réverbe en plus pour simuler
le fait qu'ils ont leur pavillon tourné vers le fond de la salle, donc
un son plus diffus que les autres.
Pour les sons de percussions, je fabrique des layers, c'est-à-dire que j'assigne à une note plusieurs samples correspondant à différentes nuances (3 en général : p, mp, f) qui se déclenchent en fonction de la vélocité. Dans le même ordre d'idée, vous pouvez resampler des layers d'instruments que vous utilisez souvent, par exemple pour une musique que j'ai composée, les violoncelles doublés 8ba par les contrebasses (pas très original) jouaient le thème du méchant, j'ai resamplé le tout, rebouclé chaque sample et j'ai gagné un paquet de mémoire et un confort d'utilisation accrue quand on passe un bout de temps sur un projet (et c'est réutilisable).
Téléchargez aussi les deux versions, une midi et l'autre orchestre réel, du morceau "Egg Travels" issu de la B.O du film Dinosaure composée par James Newton Howard, là c'est la claque. Vous trouverez le lien à la fin de cet article.
Références
"Principles of orchestration", Nikolay Rimsky-Korsakov - Ed. Dover
"Les instruments d'orchestre", A.-F. Marescotti - Ed. Jean Jobert
"Traité de l'orchestration" en 4 volumes, Charles Koechlin
- Ed. M.Eschig
"La musique et l'image", Maurice Coignard - Ed. M.Eschig
"The guide to midi orchestration", Paul Gilreath - Ed. Music Works
un
article sur James Newton Howard.
J'espère que cet article vous aidera dans votre musique, n'hésitez
pas à me contacter si vous avez expérimenté d'autres
méthodes, j'en serai ravi.